Free access
Issue
Agronomie
Volume 11, Number 8, 1991
Page(s) 645 - 657
DOI http://dx.doi.org/10.1051/agro:19910802
Agronomie 11 (1991) 645-657
DOI: 10.1051/agro:19910802

Relationships between agronomic characters and ecogeographical factors in a collection of French perennial ryegrass populations

F. Balfourier and G. Charmet

Station d'Amélioration des Plantes, INRA, 63039 Clermont-Ferrand, France

Abstract - Relationships between agronomic traits of natural populations of perennial ryegrass and ecogeographical (ie climatic, ecological and geographical) factors of their original sites were studied using multivariate correspondence analysis. Initially, only agronomic variables were used to describe relationships within agronomic traits. These different variables were projected on the same 1-2 factorial plan. The similarity of the different curves which joined the successive classes of the same variable has been discussed: some obvious relationships appear between traits such as rust susceptibility, growth habit, heading date and frost susceptibility; on the other hand, all vigour traits seem to be highly correlated to each other. In order to study relationships between agronomic and ecogeographical traits, different ecogeographical factors (considered as additional variables) were independently projected on the same 1-2 plan. Relationships were established from the respective position of these 2 types of variable. Climatic data seem to be more important than ecological factors in explaining genetic variability. However, some ecological features, eg habitat and farming management, also influenced some agronomic traits such as spring growth or persistency. The interest of using such ecogeographical data to manage genetic resources and study evolutive strategies is discussed.


Résumé - Relations entre caractères agronomiques et facteurs écogéographiques pour un échantillon ensemble de populations françaises de ray-grass anglais. À partir d'un échantillon de 547 populations naturelles de ray-grass anglais, (dont une dizaine de caractéristiques agronomiques ont été décrites dans un article précédent, à la suite d'une évaluation en 4 lieux), les relations entre les caractéristiques agronomiques et les facteurs écogéographiques de leur site d'origine sont étudiées. Lors des prospections, une fiche de site a permis d'enregistrer les caractéristiques écologiques de chaque site collecté : habitat, mode d'exploitation, présence de fumure organique, importance du piétinement, degré d'humidité du site, abondance de l'espèce et maturité. De plus, à l'aide de cartes de l'Institut géographique national, la localisation exacte de chaque site de collecte a été relevée, notamment par sa latitude et son altitude. En partant des données climatiques enregistrées par les stations de la Météorologie nationale situées à proximité de chaque site de collecte, une base de données météorologiques a été réalisée. Chaque site est ainsi caractérisé par 11 variables climatiques quantitatives (températures, précipitations, etc) ou qualitatives (ex : nombre de mois d'aridité, etc). Dans un premier temps, les relations entre les différentes variables agronomiques, mesurées dans chacun des lieux, sont étudiées à l'aide d'une analyse factorielle des correspondances. La projection de ces variables, découpées en classes, sur le plan principal 1-2 nous permet d'observer, par une série de graphiques (figs 1-7), les liaisons entre chacune des variables : sur le premier axe, on retrouve en général une liaison entre les différentes variables liées à la vigueur (vigueur de printemps, été, automne et persistence), tandis que le second axe est lié à la physiologie de la plante, et des caractéristiques comme le port, la sensibilité aux rouilles ou encore la sensibilité au froid semblent être en correspondance. Dans un deuxième temps, les variables écogéographiques (ie climatiques, écologiques et topographiques), après avoir été, si nécessaire, transformées en variables qualitatives, sont utilisées comme variables illustratives dans la précédente analyse factorielle des correspondances. La projection de ces variables écogéographiques, sur le même plan factoriel 1-2, permet d'illustrer, en fonction de leur proximité avec les variables liées à la température sont négativement corrélées aux variables agronomiques, les relations existant entre ces 2 types de variables. La même série de graphiques (figs 1-7) permet ainsi d'apprécier, pour chaque variable agronomique, les variables écogéographiques les plus en correspondance : les variables liées à la température sont négativement corrélées aux variables de vigueur et positivement à la sensibilité au froid à l'alternativité et à la remontaison. Par contre les variables liées aux précipitations et à l'humidité sont positivement corrélées à la sensibilité aux rouilles, à l'aspect estival et à la persistance. Enfin, altitude et latitude sont également très liées aux caractéristiques agronomiques. Une série de tableaux présente, pour les variables écogéographiques les plus représentatives, les moyennes de chaque variable agronomique comparées à la moyenne générale. Parmi les variables écologiques, habitat et mode d'exploitation sont les variables influençant le plus les caractéristiques agronomiques. L'intérêt de l'utilisation des variables écogéographiques, pour la gestion des ressources génétiques et l'étude des stratégies évolutives, est discuté.


Key words: Lolium perenne L = ryegrass / genetic resource / multivariate analysis / natural population / ecogeographical data

Mots clés : Lolium perenne L = ray-grass anglais / ressource génétique / analyse des données / population naturelle / donnée écogéographique